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date : 2009/10/12 titre : Lettre au Prince auteur : René-Marcel Sauvé
Lettre au Prince
À son Altesse Royale, Charles Windsor, prince de Galles, duc de Cornouailles, duc de Rothesay, comte de Chester, comte de Carrick, Baron Renfrew, Lord des Îles, Prince et Grand Steward d’Écosse,
Votre Altesse,
Lors de votre visite proposée au Canada entre les 2 et 12 novembre prochain, nous avons été informés de votre intention de vous rendre au Québec.
Sachez qu’au Québec, nous serons très heureux de vous voir et vous accueillir avec tous les honneurs qui sont dus à votre rang et en tant que représentant de votre mère, Élizabeth Deux, reine d’Angleterre, du Canada et du Commonwealth envers qui nous entretenons un respect profond.
Cependant, il est de notre devoir de vous dire que vous ne représentez plus ce que vous représentiez.
Veuillez tenir compte du fait que le Québec s’est reconnu État par la Loi 99 en date du 11 décembre 2000. Personne n’a soulevé d’objection.
Depuis, le Québec a été reconnu nation par le Parlement d’Ottawa en date du 29 novembre 2006. Cette reconnaissance officielle n’a pas résilié le statut d’État reconnu antérieurement par la Loi 99 du Québec.
En conséquence de quoi, le Québec a cessé d’être une province d’Empire inféodée à l’État post impérial, centralisateur et unitaire d’Ottawa, brandon politique de l’oligarchie de Bay Street à Toronto.
La reconnaissance actuelle de cet État par le Québec est transitoire.
À la condition expresse que la Monarchie britannique reconnaisse implicitement et explicitement l’État Nation du Québec, nous serons heureux de vous accueillir comme prince post-partum étranger dans le Québec.
Vous n’y serez pas accueilli comme représentant de votre mère, Elizabeth Deux, reine du Canada et du Commonwealth, ce que nous ne pouvons faire, compte tenu du statut du Québec devenu État Nation.
Telle est la volonté québécoise qui vous accueille en tant que prince étranger. Comme le Québec n’a pas opté pour une République, ce qui ne saurait tarder, vous comprendrez l’ambiguïté dans laquelle nous nous retrouvons tous, vous et nous compris. Nous n’avons aucune intention d’exploiter cette situation ambiguë et nous faisons confiance à votre jugement pour que vous en fassiez autant. Le Québec traverse une période de transition.
À défaut, nous devons vous aviser que vous ne pouvez être accueilli au Québec et vous prions avec tout le respect qui convient à votre haut rang de vous abstenir de cette visite jusqu’à ce que toutes les questions statutaires concernant le Québec aient été réglées.
Ce sera à regret que nous devrons vous considérer comme persona non grata au Québec et prendre des mesures pour vous interdire de franchir notre frontière.
Veuillez accepter l’expression de notre considération distinguée en même temps que nos souhaits d’une longue et heureuse vie.
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