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date : 2008/02/06 titre : Parizeau a raison auteur : Paolo Zambito
Parizeau a raison
ou l'art de laisser dégringoler une économie en moins de 500 mots.
Peut-être avez-vous remarqué la récente sortie de Jacques Parizeau sur la façon dont la Caisse dépôt et de placement du Québec (CDP) s'est graduellement retirée de l'économie québécoise. L'ancien Premier ministre voulait ainsi répondre aux propos insensés d'Henri Paul Rousseau, président de la Caisse, qui a prétendu que le seul mandat de celle-ci était d'assurer des rendements aux Québécois et non pas de faire des placements stratégiques dans notre économie.
Force est de constater que monsieur Rousseau manque sincèrement de sens commun. Devons-nous lui rappeler qu'au-delà de la souveraineté politique du Québec, il existe sa souveraineté économique? L'idée ici n'est pas de remettre en question le statut politique du Québec (quoique cela soit nécessaire selon nous), mais seulement de dire que n'importe quel nationaliste (fédéraliste ou souverainiste) devrait réellement s'inquiéter des récents dérapages de la Caisse et de l'achat de la Bourse de Montréal par la Bourse de Toronto.
D'ailleurs, souvenons-nous de notre histoire. La CDP est née de la volonté de l'État québécois de gérer lui-même son développement économique sans toujours dépendre des syndicats financiers qui eux étaient contrôlés par des intérêts canadiens-anglais. Un État comme le Québec, qui ne dispose pas de banque centrale, doit se doter d'outils interventionnistes qui peuvent servir à stimuler l'économie. D'ailleurs, il faut noter, au passage, que le fait que la caisse ne détienne aucune part dans la Banque Nationale est aussi une aberration.
Certes, on ne remet pas en question un marché qui fonctionne selon les règles de l'offre et de la demande (nous ne sommes quand même pas communistes), mais ce que nous disons c'est que nous avons besoin d'un outil puissant comme la Caisse afin de canaliser certains moyens financiers et assurer la pérennité de notre État. D'ailleurs, tous les États qui ont à coeur leur survie se dotent de tels outils. On pourrait citer l’exemple français ou russe (le cas de Gazprom est très intéressant), mais il est plus intéressant de citer en exemple les États-Unis, champions du laisser-aller économique, qui, pour assurer leur supériorité géopolitique, ont une des économies les plus sursubventionnées au monde. Or, notre petit État le Québec en fait de moins en moins pour stimuler son développement et la résultante, on le constate, est catastrophique pour notre économie (surtout en région).
La Caisse de dépôt et placement du Québec, avec environ 130 milliards d'actifs financiers, est le plus gros gestionnaire de fonds privés au Canada. Or, dans les dernières années, on a constaté une fuite extraordinaire de joyaux de notre économie qui n'ont pratiquement pas été compensés par des acquisitions québécoises. Domtar, Alcan, Banque Nationale et moins récemment, Provigo en sont des exemples probants. Doit-on se soucier du récent laisser-aller de la Caisse? Nous croyons que oui et nous demandons aux partis politiques, surtout le Parti Québécois, de se prononcer clairement sur cette question.
Paolo Zambito,
Au nom du conseil d'administration du Mouvement pour une Élection sur la Souveraineté
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