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date : 2007/12/17 titre : Combattre l'insignifiance auteur : Jean-Claude St-André
Combattre l'insignifiance
Qu’il est désolant d’observer l’actualité politique! Qu’il est déprimant de lire ou de regarder la classe médiatique nous relater le triste spectacle offert par les politiciens! Quelle décrépitude intellectuelle que celle de nos journalistes qui tentent de nous rendre intéressant ce mauvais spectacle… Mais le plus navrant, c’est l’incapacité des politiciens à nommer les véritables enjeux que doivent affronter le Québec et le monde. Est-il possible que les journalistes et les politiciens cherchent à taire la dure réalité parce qu’ils n’ont pas le courage de proposer et de mettre en œuvre les solutions qui s’imposent? Des solutions qui pourtant feraient consensus dans notre société?
Voilà une des nombreuses questions auxquelles il faut apporter des réponses. Il faut combattre les idées molles par des idées fortes, puissantes et audacieuses. Il faut sortir du cynisme, du fatalisme et du désabusement qui ont pris le dessus chez trop de nos compatriotes. Il faut mobiliser les Québécois autour de projets qui vont les rejoindre dans leurs tripes, dans leur être, dans ce qu’ils sont. Des projets qui vont améliorer la qualité de vie de tous les Québécois. Pour y arriver, il faut dire que l’indépendance est nécessaire et qu’il est urgent de faire l’indépendance parce qu’un gouvernement provincial n’aura jamais les moyens de mettre en œuvre nos projets. Il faut sortir le Canada du Québec. Il faut combattre l’insignifiance de tous ceux qui osent encore affirmer qu’on peut encore trouver des accommodements raisonnables à l’intérieur du Canada.
Le Mouvement pour une Élection sur la Souveraineté a toujours réfléchi sans perdre de vue ces paramètres. Je tiens maintenant à contribuer à cette réflexion. Pourquoi? Parce que le MES s’est fait le défenseur d’une approche stratégique qui peut nous mener à l’indépendance. Parce que le MES a osé remettre en question la stratégie étapiste, attentiste et référendaire qui tient lieu, encore et toujours, de politique officielle au Parti Québécois, malgré sa nouvelle direction… Je le répète, si nous voulons faire l’indépendance, il faudra d’abord avoir le courage de mettre à mort l’étapisme.
Comment tuer l’étapisme? J’attends des réponses de votre part. Des réponses que j’ai l’intention de partager avec les membres du Parti Québécois. En effet, depuis le 4 décembre dernier, j’assume la fonction de président du Conseil exécutif du PQ de la circonscription de L’Assomption. J’en profite pour remercier les membres pour leur confiance. Les indépendantistes pourront compter sur moi pour brasser la cage.
Pour brasser la cage, il faut bien comprendre la situation politique et le contexte dans lequel se retrouve le mouvement indépendantiste. Je vous soumets quelques pistes.
Le Parti Québécois a subi un échec électoral sans précédent le 26 mars dernier. Nous pouvons toujours nous consoler en nous disant que les Québécois ont alors jugé qu’aucune formation politique ne méritait de former un gouvernement majoritaire. Dans presque tout le Québec francophone, les libéraux de Jean Charest sont 3e. Si Jean Charest est encore premier ministre aujourd’hui, c’est grâce au vote des anglophones et des nouveaux arrivants.
Pour sa part, Mario Dumont a réussi une percée électorale le 26 mars dernier. Toutefois, si les Québécois lui avaient vraiment fait confiance, il serait premier ministre à la tête d’un gouvernement majoritaire. Au fond, Mario Dumont a su profiter du cynisme et de la désaffection des citoyens pour l’ensemble de la classe politique. Les Québécois ne lui font pas confiance. Au mieux, il est perçu comme le moins pire…
Cela étant dit, il faut reconnaître que c’est avec le Parti Québécois que les électeurs ont été le plus sévère. Le Parti québécois a perdu son statut d’opposition officielle et il s’est retrouvé 3e. C’est la première fois de toute son histoire que le Parti Québécois se retrouve au 3e rang! À sa première tentative, en 1970, avec René Lévesque, le Parti Québécois était déjà 2e! Depuis, il s’était toujours classé second ou premier.
Nous aurions tort de croire que cette mauvaise performance électorale n’est attribuable, bien que ce soit un facteur, qu’à l’image d’André Boisclair. Il serait également un peu court de prétendre que le PQ a perdu des appuis à cause de son engagement à tenir un référendum le plus tôt possible. Comment expliquer alors qu’en 1994 Jacques Parizeau ait réalisé la deuxième meilleure performance électorale à vie du Parti Québécois avec un engagement encore plus « contraignant », celui de tenir un référendum dans la première année du mandat?
Mais il y a encore plus grave. Au cours des trente dernières années, le Parti Québécois a été au pouvoir pendant presque 17 ans et il n’a pas réussi à faire du Québec un État indépendant et unilingue français. Pourtant, le Parti Québécois a été fondé pour faire l’indépendance et assurer la protection et la pérennité de notre langue et de notre culture. Aujourd’hui, même les statistiques fédérales le prouvent, le français continue de reculer.
Les gouvernements du Parti Québécois, à l’exception du premier gouvernement de René Lévesque de 1976 au référendum de 1980 et du gouvernement de Jacques Parizeau, se sont trop souvent résignés à faire de la gouverne provinciale, lorsqu’ils n’ont pas carrément démissionné. Au lieu d’assumer leurs responsabilités dans le meilleur intérêt de la Nation québécoise, des élus pourtant souverainistes ont gouverné avec le peu de moyens que leur laissait le gouvernement canadien… Bien sûr, ils ont dénoncé les actions posées par les mandarins fédéraux, mais en même temps, ils prenaient des décisions conformes aux directives et aux lois fédérales.
Malgré ses échecs cuisants, le Parti Québécois continue d’exercer un certain monopole sur l’électorat indépendantiste. Pour beaucoup d’indépendantistes conscients de cette situation, il s’agit d’un obstacle majeur. Et pour franchir cet obstacle, il n’y a qu’une seule alternative : soit nous réussirons à imposer nos idées au PQ, soit nous réussirons à faire émerger une nouvelle force politique qui fera l’indépendance.
Pour faire l’indépendance, nous avons besoin d’un gouvernement qui mettra en œuvre une politique nationale, c'est-à-dire un gouvernement qui posera des gestes pour améliorer chaque jour davantage la qualité de vie des citoyens et des citoyennes. Il faudra que ce gouvernement soit concret et cohérent en légiférant pour assumer toutes les responsabilités dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’environnement, de la culture, de la famille et de la démographie. Il faudra que ce gouvernement soit prêt à agir pour construire une véritable démocratie participative, pour éradiquer la pauvreté, pour mettre le développement économique au service des citoyens et pour démocratiser les institutions mondiales actuellement au service des firmes transnationales.
Pour faire l’indépendance, en plus de mettre en œuvre une politique nationale, il faudra que le gouvernement, aussitôt élu, légifère pour enclencher le processus menant à la pleine et entière souveraineté. Un premier geste fondateur doit être posé par l’Assemblée nationale en adoptant une constitution provisoire qui établira clairement le principe de la souveraineté populaire. Le peuple du Québec est le seul maître de son destin. Le gouvernement du Québec indiquera alors qu’il agira dans le plein respect des règles de droit et de démocratie, lesquelles veulent que le fondement de la légitimité de l’État du Québec repose sur la volonté et les choix des Québécoises et des Québécois.
Nous avons encore beaucoup de travail devant nous pour faire connaître nos idées auprès des indépendantistes, dont le jugement a été et continue d’être contaminé par les médias et aussi, malheureusement, par la direction péquiste. De plus, il faut diffuser nos idées dans toute la population, qui subit aussi un bombardement de propagande sans précédent de la part de l’ensemble des médias.
Nous avons besoin de la contribution de tous pour enrichir les actions de tout le mouvement indépendantiste. Écrivez-nous. Proposez-nous des actions concrètes pour relancer le mouvement sur ses objectifs véritables. Partagez avec nous votre évaluation de la situation politique, sociale et économique du Québec. Récemment, on a beaucoup abordé la notion du « Nous ». Qu’en pensez-vous? Qu’est-ce qu’un Québécois? Et les projets de constitution et de citoyenneté présentés par Pauline Marois? Devrait-on les améliorer, les modifier? Que proposez-vous?
Il faudra aussi qu’on arrive à discuter sereinement de l’éparpillement des indépendantistes dans autant de mouvements et de partis politiques! Au moment d’écrire ces lignes, il y a au moins 4 partis politiques reconnus par le Directeur général des élections qui se disent souverainistes! Est-il souhaitable, est-il possible de rassembler les indépendantistes au sein d’une seule organisation?
Il y a certainement beaucoup d’autres questions à étudier. Quoi qu’il en soit, le MES lance une opération de brassage d’idées. Je vous invite à y contribuer en nous écrivant à l’adresse suivante : avis@m-e-s.org. Parce que nous savons que dans la masse de commentaires que vous nous ferez parvenir se cache au moins une bonne idée qui nous mènera à l’indépendance. Nous saurons la découvrir!
Je n’ai pas envie de vous souhaiter de joyeuses fêtes… Je préfère vous souhaiter un joyeux Noël et une bonne année!
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