date : 2007/04/11
titre : Charest, le roi-nègre
auteur : Sasha-A. Gauthier

Charest, le roi-nègre

« Deux grandes traditions qui malheureusement ont marqués trop d’années de l’histoire de la province de Québec. Premièrement le mépris le plus complet pour l’intelligence du citoyen qu’on considère comme une simple marchandise électorale. Et deuxièmement, la servilité d’un parti de rois-nègres qui sont en fait les valets de chambre de certains gros intérêts, surtout les plus rapaces, qui eux aussi méprisent la population comme une espèce de tribu arriérée qui est faite pour être exploitée à loisir. »

— René Lévesque

C’est l’évidence. La sévère défaite de Boisclair lors des dernières élections cache des vérités qui tardent à être démontrées par les bien-pensants que sont « les élites » intellectuelles et journalistiques, bien plus intéressées de scribouiller sur des anecdotes plutôt que sur des faits. Un arbre cache la forêt…

André Boisclair est fini. Aucun chef ne peut survivre à une telle défaite. Robert Bourassa a démissionné après sa défaite en 1976. Parizeau a démissionné après ce qu’il croyait une défaite de quelques fractions de pourcentage en 1995. Gérard Shröder (ex-chancelier allemand) a aussi démissionné après une très courte défaite (moins de 1 %) face à Angela Merkel, plus récemment. Dans les démocraties occidentales, c’est normal que les chefs de partis politiques démissionnent après la défaite. C’est ainsi. C’est la politique. Boisclair le constatera très rapidement dès la prochaine campagne de financement du Parti québécois (PQ). Sinon, s’il persiste à demeurer en poste, il le constatera à son recrutement de « vedettes » pour une prochaine campagne électorale qui s’annonce rapide. S’il ose le vote de confiance dans un tel contexte, il pourrait être le premier chef du PQ à ne pas atteindre la barre des 50 % + 1.

Voilà qui est dit!

Maintenant : l’important.

Les francophones — les fédéralistes de surcroît — quittent massivement le navire du PLQ. Ce parti est arrivé bon dernier chez les francophones. Les circonscriptions gagnées par Charest ont presque toutes une importante proportion anglophone qui vote religieusement en sa faveur. Sans elle, le PLQ n’existerait tout simplement plus à l’heure actuelle.

PLQ : parti du West-Island of Montreal

Il ne faut pas l’oublier, Charest demeure actuellement le premier ministre de la seule nation de langue française en Amérique. Voilà ce qui est le plus troublant de cette élection. Charest a réussi à demeurer chef du gouvernement de notre peuple avec l’appui quasi-unanime des intérêts d’une autre nation, en l’occurrence, les canadiens-anglais.

Par conséquent, Charest est une sorte de roi-nègre, choisi par une minorité afin de dominer une majorité en son nom. Il s’agit d’un formidable retour en arrière occulté par les médias « nationaux » qui devrait s’inquiéter de voir le seul pouvoir appartenant aux canadiens-français leur échapper. Quand bien même les représentants choisis par la classe dominante sont-ils « purs-laines », ne nous y trompons pas. Charest ne peut faire autrement que d’obéir bêtement et docilement au joug colonial anglo-saxon.

Charest fait parti du portrait de famille de ces roi-nègres de la même catégorie que Wilfrid Laurier, Louis St-Laurent et Pierre-Eliott Trudeau à l’égard de leur origine canadienne-française et québécoise. Or, concrètement, qu’en est-il des conséquences d’un gouvernement colonial au Québec.

À titre d’exemple, le « lapsus » de Charest sur la divisibilité du territoire québécois lors de la dernière campagne électorale en dit long.

La déclaration de l’ONU sur les relations amicales (1967) affirme que les États ne peuvent se désintégrer ou subir partition. Ces États ont droit à « l’intégrité territoriale ». Particulièrement lorsqu’un processus d’indépendance a court dans le pays concerné faisant sécession. Seul les peuples ont droit à l’autodétermination l’institue la déclaration du même nom.

Or, tous savent que les Québécois forment un peuple. Ce n’est cependant pas le cas des anglo-saxons du West-Island qui ont porté Charest au pouvoir. Il s’agirait là d’une partition. À moins que ces anglophones, après de nombreuses années de travail et de démonstrations, finissent par prouver à la communauté internationale qu’ils sont un peuple, différents des Ontariens par exemple, et que ce peuple ait le contrôle d’un État donné. Or, l’État du West-Island n’existe pas. Or, l’État du Québec existe, lui.

Récemment, en septembre 2006, la Transnistrie en Moldavie a vécu un référendum sur la sécession. Il a été gagné dans une proportion majeure (97,1 %). La question a été claire. Mais la communauté internationale refuse et refusera toujours de reconnaître ce petit État puisqu’il s’agit de russophones nostalgiques rêvant de rejoindre la Russie. Ce sont des partitionnistes. Il n’y a pas d’État qui puisse ici faire son indépendance.

La même année, une situation semblable s’est produite en Ossétie du Sud, en Géorgie. Même finalité, malgré un référendum positif à plus de 99 % cette fois-ci.

Jean Charest pourrait théoriquement ne pas connaître ces cas précis. Il pourrait ne pas connaître le droit international public non plus, malgré sa formation d’avocat. Mais justement, comme premier ministre du Québec et avocat de formation, il sait obligatoirement que les modifications des frontières québécoises dans le cadre de la constitution canadienne requiert l’approbation de l’Assemblée nationale de la province du Québec. Même en processus d’indépendance au Québec, le Canada est tenu d’obéir à sa loi fondamentale, c’est-à-dire sa constitution.

De tels propos prouvent que Charest est une marionnette, et rien de plus. Ces propos constituent une nouvelle preuve tangible que le PLQ est le parti des anglo-saxons, le parti du West-Island of Montreal. Au-delà de la trahison de la partition, l’on pourrait donner en exemple les deux mégas hôpitaux que les francophones du Québec s’apprêtent à payer dans la région de Montréal pour que les anglo-saxons puissent continuer de se ghettoïser au lieu de s’intégrer à notre communauté. Dans la tête d’un anglo-saxon du Québec, 12 % de la population mérite 50 % du financement public, à même l’impôt du peuple. On peut aussi revenir sur l’enseignement de l’anglais dès la première année du primaire, alors que la qualité de la langue française enseignée est en chute libre. Sans parler de l’assimilation — les transferts linguistiques sont toujours très favorables aux anglo-saxons du Québec (54 %), qui ne représentent pourtant que 12 % du peuple.

Voilà ce dont devrait s’intéresser la presse du Québec si elle était véritablement libre. Voilà ce que nous entendrions dans les radios, les télés et les journaux du Québec si nous étions autre chose qu’une colonie. C’est l’évidence, les Québécois ne s’auto-déterminent pas. Ils sont à la merci d’un pouvoir étranger : le pouvoir canadien-anglais. C’est précisément pour cela qu’il faut le répéter. Pour que les gens se rendent comptent de l’état dans lequel ils se retrouvent politiquement. Pour qu’ils se rendent enfin comptent que le véritable État québécois reste à construire.