date : 2007/04/09
titre : Mettre l’autonomisme à rude épreuve
auteur : Félix Pinel

Mettre l’autonomisme à rude épreuve

« Sur la pointe des pieds, on a fait comme eux autres, pris possession des clefs, des ponts, des villes, de tout. (…) Ils se sont inclinés, coup d'État réussi, même que l’Premier a dit: ‹ Baptiste, r'prends ton pays ›. »

— Félix Leclerc

Avec 36 souverainistes et 41 autonomistes, l’Assemblée nationale du Québec compte théoriquement 77 députés qui s’opposent au statut quo constitutionnel. Les députés du Parti québécois (PQ) doivent oublier leur feuille de route référendaire et vite. Les élus péquistes doivent arriver à canaliser la majorité parlementaire en faveur d’un État québécois effectif dans plus de domaines, en faveur d’un Québec avec plus de pouvoirs. Pour la durée de ce mandat, l’aile parlementaire du PQ doit faire le pari de l’autonomie et mettre les convictions de Mario Dumont à rude épreuve. Pour ce faire, ils devront prendre l’initiative et devancer l’équipe inexpérimentée de Mario Dumont.

À l’Assemblée nationale, tous les députés peuvent présenter des projets de loi. Le PQ devra en présenter, c’est impératif. Les projets de lois que le PQ présentera devront faire preuve d’audace et proposer des lois autonomistes que l’ADQ se devra d’appuyer. Comme Mario Dumont a pigé certains aspects de sa politique autonomiste dans le programme du PQ, il va de soi que des députés péquistes en fassent des projets de loi. L’on n’a qu’à penser aux engagements suivants.

Constitution québécoise

Rédiger et adopter la Constitution de l’État du Québec dans une démarche non partisane, démocratique et consensuelle.

Citoyenneté québécoise

Instaurer une citoyenneté québécoise afin de formaliser qui nous sommes, renforcer notre identité politique et favoriser une meilleure intégration des nouveaux arrivants.

Les élus souverainistes peuvent même aller plus loin, en remettant en cause le Conseil de la fédération, très cher à Jean Charest.

Dans la plate-forme des autonomistes, on peut lire ceci :

L’autonomisme

« Promouvoir et défendre l’autonomie du Québec par la conduite de relations bilatérales et d’égal à égal avec Ottawa, par l’abolition du Conseil de la fédération, et par la réouverture du dialogue constitutionnel avec le gouvernement fédéral et les autres provinces. »

Bien que l’Assemblée nationale ne puisse à elle seule abolir le Conseil de la fédération, une loi pourrait contraindre le gouvernement du Québec à ne conduire que des relations bilatérales et égalitaires avec Ottawa et à se retirer de cette instance. Dans ce fameux Conseil de la fédération, le Québec se retrouve sur le même pied que certaines provinces qui ont une population inférieure à celle de la ville de Québec. Aussi, la nation Canadienne-anglaise constitue l’écrasante majorité de la population de toutes les autres provinces.

Il y a d’autres points intéressants desquels les députés péquistes peuvent s’inspirer pour faire avancer le Québec vers un statut d’État indépendant :

L’État du Québec

Inscrire dans la constitution du Québec l’appellation « État du Québec » afin de mieux définir la nation, pour nous-mêmes et pour les autres peuples.

Nos champs de compétences

Utiliser tous les moyens à notre disposition pour contrer la pénétration fédérale de nos champs de compétences exclusifs, compétences où nos droits sont souverains au sens même de la Constitution canadian.

Un seul rapport d’impôt

Renforcer l’autonomie financière du Québec en donnant la priorité au rétablissement de l’équilibre fiscal entre les paliers de gouvernement, à la diminution de l’endettement du Québec, à la réduction de la dépendance à l’égard de la péréquation et à l’instauration d’un seul rapport d’impôt pour les contribuables québécois.

Des députés d’expérience comme Daniel Turp, Louise Harel, Diane Lemieux, François Gendron, François Legault doivent arriver à tourner la composition actuelle de l’Assemblée nationale à l’avantage du peuple du Québec.

Les élus du PQ ne risquent strictement rien dans une telle entreprise. Au contraire, ils feront progresser le Québec vers l’indépendance. Autrement, s’ils échouent, ils feront la démonstration que le credo autonomiste de l’ADQ n’était qu’un leurre électoral.