date : 2006/05/18
titre : Pas de place pour les partisans de "gestes de rupture" au PQ
auteur : Jean-Marc Salvet
source : Le Soleil 

Pas de place pour les partisans de "gestes de rupture" au PQ

Les indépendantistes partisans de "gestes de rupture" avec le reste du Canada ne formeront pas de "club politique" au sein du Parti québécois. Les membres de l'exécutif national du PQ rejetteront demain la demande formulée par le Mouvement pour une élection sur la souveraineté.

Présidé par un militant de la frange pure et dure, Sacha Gauthier, le Mouvement pour une élection sur la souveraineté (MES) a déposé une requête il y a quelques semaines pour se constituer en club politique à l'intérieur du PQ. Depuis que les nouveaux statuts du Parti permettent aux différentes tendances de s'exprimer grâce à des clubs, un seul groupe du genre a été agréé. Il s'agit du club Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-libre).

Pour le MES, un éventuel gouvernement du Parti québécois doit poser des "gestes de souveraineté", de rupture en fait, dès qu'il reprendra le pouvoir. Sans attendre le référendum, autrement dit. Cette idée va à l'encontre du programme adopté en juin 2005, qui prône lui la tenue d'un référendum le plus tôt possible à l'intérieur d'un prochain mandat.

Si le programme officiel va trop loin pour bien des péquistes, qui le jugent déjà suicidaire, il est totalement insuffisant pour les 600 membres du MES. Eux le trouvent trop frileux.

L'exécutif national regroupe une quinzaine de personnes, dont trois députés (Lucie Papineau, Luc Thériault, Nicolas Girard) et la présidente du Parti, Monique Richard. La majorité des membres, sinon la totalité, refuseront de donner leur aval à la demande du MES, selon ce qu'a pu apprendre Le Soleil. André Boisclair avait indiqué au Devoir, la semaine dernière, qu'il ne voyait pas d'un bon oeil que le MES devienne un club politique du PQ.

Décision importante

L'exécutif national n'est pas l'instance décisionnelle pour une affaire comme celle-là. C'est la conférence des présidents de circonscription et de région qui aura le dernier mot. Elle se réunira l'automne prochain. Mais la décision qui sera prise demain aura du poids.

Le député de L'Assomption Jean-Claude St-André, qui a participé à la course à la direction du PQ, est le seul élu membre du MES. Aucun autre ne s'est rallié au mouvement depuis sa création, en novembre.

Pour M. St-André, la constitution du MES en club politique permettrait de mieux "véhiculer les idées à l'intérieur du Parti québécois".

Pressentant le revers à venir, Sacha Gauthier a fait savoir, hier, que les militants de son mouvement resteront au Parti québécois - club ou pas, et que cela plaise ou non à André Boisclair. "On y restera tant et aussi longtemps que l'indépendance ne sera pas réalisée."

jmsalvet@lesoleil.com