|
date : 2010/02/17 titre : Lucien Bouchard attaque Marois et le PQ auteur : Jean-François Racine source : Agence QMI
Lucien Bouchard attaque Marois et le PQ
Dans l’une de ses rares sorties publiques, l’ancien premier ministre Lucien Bouchard a osé critiquer le PQ et Pauline Marois, hier, à Québec.
M. Bouchard, qui a dirigé la province entre 1996 et 2001, était l’un des invités d’une conférence-débat organisée devant 300 personnes pour le centenaire du journal Le Devoir.
L’ex homme politique a reproché au Parti québécois et à sa chef Pauline Marois leur manque d’ouverture dans l’actuel débat sur l’identité québécoise.
« Le Parti québécois a l’air de vouloir remplacer [l’ADQ] dans la niche du radicalisme. [Et] Mon frère s’est fait traiter d’Elvis Gratton par Pauline Marois. Je n’oublierai pas ça. Ça ne montrait pas beaucoup d’ouverture, ça. »
Il ajoute ne plus se reconnaître dans le PQ d’aujourd’hui.
« On a des problèmes très graves, des problèmes économiques, des problèmes d’éducation, des problèmes de santé, de finances publiques, il faut qu’on se mette à la tâche.
« L’erreur de Lévesque »
Lucien Bouchard a aussi formulé une rare critique de René Lévesque.
« C’est la première fois que j’en fait une publiquement parce que je l’admire. L’erreur peut-être tragique qu’il a commise est d’avoir accepté d’aller négocier avec Ottawa et le reste du Canada au lendemain du référendum. On ne va jamais négocier lorsqu’on est à genoux. Ça prend un rapport de force pour négocier. Il était dans les pires conditions et il est arrivé ce qui est arrivé. On nous a rentré dans la gorge une constitution dont on ne voulait pas. On nous a imposé une charte des droits de façon brutale et on vit avec ça depuis ce temps-là. »
Lucien Bouchard a aussi rappelé qu’il avait proposé deux référendums à Jacques Parizeau en 1995. « Je suis sûr que nous aurions gagné le premier avec au moins 60% et à ce moment-là, nous aurions négocié dans de vraies conditions. »
Pour donner un nouvel élan au Québec, M. Bouchard suggère maintenant d’exploiter l’électricité à sa juste valeur.
« Nous avons voulu créer une société solidaire de compassion. L’État n’a plus les moyens du mandat qu’on lui a donné. Il est à bout de souffle. Nous sommes en déficit, trop endettés. Nous n’avons pas de marge de manoeuvre et il faut absolument financer l’éducation. Il faut reconnaître les besoins. On veut maintenir les programmes sociaux. Comment faire? Il faut repartir et créer de la richesse. Nous sommes bloqués politiquement », a précisé l’avocat aujourd’hui âgé de 71 ans.
|