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date : 2007/10/12 titre : Turp veut que l’Assemblée nationale se prononce auteur : Denis Dufresne source : La Tribune
Turp veut que l’Assemblée nationale se prononce
image : Claude Poulin
SHERBROOKE — Le sujet est certes rébarbatif à première vue, mais le projet de Constitution du Québec mis de l’avant par le député péquiste de Mercier, Daniel Turp, risque de faire parler de lui prochainement à l’Assemblée nationale.
Son projet de loi 191, déposé en avril dernier, avait somme toute été bien accueilli par les autres partis politiques, quoique plusieurs collègues péquistes de M. Turp se fussent exprimés contre.
« Mario Dumont a mis l’idée d’une Constitution québécoise dans sa plate-forme électorale et Jean Charest a dit que c’était une proposition porteuse », souligne-t-il.
« Je souhaite maintenant que l’Assemblée nationale établisse un consensus sur la base de ce texte ou de tout autre document et que les citoyens soient ensuite consultés », ajoute le politicien, qui était hier l’invité du Parti québécois de l’Université de Sherbrooke.
« Il faut que les partis politiques s’entendent pour procéder à l’examen le plus vite possible », souhaite le porte-parole du PQ en relations internationales et francophonie.
Pourquoi un tel document?
Le projet comporte 15 articles portant sur la citoyenneté, le territoire, la langue, les droits et libertés et les compétences du Québec, notamment.
De l’avis de M. Turp, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Montréal, cela permettrait aux Québécois d’affirmer leurs valeurs fondamentales et de mieux protéger leurs particularités, en plus de constituer un exercice démocratique fécond pour les citoyens.
« Beaucoup d’États ont une constitution sans avoir la souveraineté; les Québécois doivent construire quelque chose sans égard à l’édifice constitutionnel fédéral qui a été élaboré sans leur consentement », explique-t-il.
L’idée n’est certes pas nouvelle au Québec puisque déjà au milieu du 19e siècle le politicien Joseph-Charles Taché souhaitait que chaque province de la future union canadienne se dote de sa constitution.
« Depuis les années 60 il y a eu beaucoup de propositions, sous Daniel Johnson père et Robert Bourassa, en particulier. J’ai toujours cru que ce serait nécessaire d’avoir ce symbole, c’est le miroir de la société, l’âme de la Cité! » illustre Daniel Turp.
Une Constitution québécoise serait évidemment assujettie à la Constitution canadienne, mais M. Turp croit qu’un tel outil pourrait avoir un effet « pédagogique ».
Il donne l’exemple de la fonction de lieutenant-gouverneur du Québec.
« Nous n’en voulons plus, on voudrait un vrai chef d’État. Mais on ne peut faire de changement que par un amendement à la Constitution canadienne et seulement si on obtient l’unanimité des provinces. Si on voulait changer le régime et si le Canada refusait, on verrait alors ce qu’il faut pour que notre Constitution prévale: un pays! » illustre-t-il.
denis.dufresne@latribune.qc.ca
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