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date : 2007/05/09 titre : Boisclair cède auteur : Paul Roy source : La Presse
Boisclair cède
« On a esquivé tous les débats depuis 2003 »
Les militants péquistes entrevoient des lendemains encore difficiles
QUÉBEC - André Boisclair parti, le PQ n’est pas pour autant sorti de l’auberge, croient des militants péquistes interviewés par La Presse après la démission de leur chef hier.
« Ceux qui pensent que le PQ est prêt pour les prochaines élections se trompent, a commenté Mathieu Jeanneau, président du Comité national des jeunes du Parti québécois. Des changements importants devront être apportés au programme et à la culture du parti, et ça doit être fait au cours des prochaines semaines. Il y a beaucoup de travail à faire. »
« Je pense qu’on a esquivé tous les grands débats après 2003, dit Étienne Vézina, président du PQ pour l’Estrie. On a quatre, cinq ans de faux débats et d’absence de débats de fond à rattraper. »
M. Vézina croit néanmoins que la démission d’André Boisclair était « tout à fait inévitable » : « Il faut partir des résultats électoraux : quand on fait 28 %, on ne peut pas dire qu’on n’a pas de problèmes. Là où je rejoins M. Boisclair, c’est quand il dit qu’il y avait un problème de message. Mais il y avait aussi un problème de messager. »
Un nouveau chef? M. Vézina ne se fait pas d’illusions : « On a un gros devoir d’humilité et de lucidité. Et la lucidité, ça passe peut-être par se dire qu’aux prochaines élections, notre objectif c’est de redevenir l’opposition officielle. »
Pour Michel Sénécal, président de l’association péquiste de Châteauguay, les prochaines semaines et les prochains mois seront difficiles. D’autant plus que cette démission survient au moment où le parti doit se débrouiller avec des ressources financières réduites, ayant hérité du statut de troisième parti à l’Assemblée nationale.
Pour lui, toutefois, « M. Boisclair a tiré la conclusion qu’il devait partir, compte tenu de ce qui s’est passé en fin de semaine ». Dans une entrevue à Radio-Canada, vendredi, le chef péquiste s’en est pris directement au chef bloquiste Gilles Duceppe, ce qui, dit-on généralement, a précipité sa chute.
« Ça n’a pas été jugé de façon très positive, c’est le moins que l’on puisse dire », a commenté hier M. Sénécal, qui avait appuyé André Boisclair lors de la course à la direction du parti, en novembre 2005.
Ercilia Palacio-Quintin, présidente de l’association péquiste de Mercier, ne se disait pas trop surprise de cette démission, « compte tenu des difficultés ». « Mais je peux vous dire que je suis peinée. Il y a quelque chose de triste dans cet événement. »
Elle aussi avait voté pour André Boisclair lors de la course au leadership.
« - Votre confiance (en M. Boisclair) était-elle érodée?
- Tous les gens ont des vertus et des défauts. Pour moi, les personnes parfaites n’existent pas. »
Pour Sasha Gauthier, un péquiste membre du Mouvement pour une élection sur la souveraineté, qui prône « la fin de l’attentisme et de l’étapisme », la démission d’André Boisclair était « le choix le plus logique dans les circonstances ».
« Lorsqu’on obtient 28 % (des votes), il y a des problèmes, et ce n’est pas à cause des militants. C’est le chef qui va chercher 90 % du vote. Et quand un chef obtient un score aussi bas que M. Boisclair, c’est sûr qu’il faut en prendre acte. »
« - M. Boisclair n’était-il pas menotté par un programme adopté avant qu’il ne prenne la tête du parti?
- Il les a acceptées avec joie, ces menottes-là. »
Normand Périgny, contrairement à plusieurs autres, trouve cette démission prématurée. « Il (André Boisclair) aurait pu rester encore un certain temps, attendre un vote de confiance et prendre sa décision », dit le président de l’association péquiste de Laviolette.
« Non, ce n’est pas une bonne journée. Je pensais qu’il ferait face à la musique.
« - Mais la musique jouait fort
« - Oui, mais au PQ, ce n’était pas la première fois. »
Illustration(s) :
Pour la plupart des militants interrogés, la démission d’André Boisclair était inéluctable.
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