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date : 2006/05/20 titre : Monténégro - Résultat serré attendu demain au référendum auteur : AFP source : Le Soleil
Monténégro - Résultat serré attendu demain au référendum
Le Monténégro était hier dans l'attente d'une bataille entre indépendantistes et partisans du maintien de l'union avec la Serbie à deux jours d'un référendum décisif.
Les derniers sondages ont crédité les indépendantistes, conduits par les dirigeants monténégrins, d'un peu plus de 56 % des voix.
Mais les partisans de l'union avec la Serbie restaient confiants, misant sur la difficulté pour leurs adversaires de dépasser, pour que leur victoire soit validée, un seuil de 55 % des votants, fixé par l'Union européenne (UE), la participation devant être supérieure à 50 %.
La division du Monténégro en deux blocs antagonistes a fait craindre des troubles à l'issue du vote de demain. Mais le président pro-indépendantiste, Filip Vujanovic, a estimé cette crainte infondée. Plus de 3000 observateurs étrangers et locaux surveilleront le vote des 485 000 Monténégrins.
"Il n'y a pas à s'attendre à des menaces contre la sécurité", a dit M. Vujanovic hier lors d'une conférence de presse. "Le Monténégro est un pays mûr du point de vue démocratique. Le résultat du référendum quel qu'il soit sera accepté", a-t-il ajouté.
Mais dans le cas d'un vote indépendantiste légèrement inférieur aux 55 % requis par l'UE, les dirigeants monténégrins pourraient considérer que le choix en faveur de l'indépendance demeure indiscutable.
"Il n'y aura pas de déclaration unilatérale d'indépendance", a toutefois souligné M. Vujanovic.
"Je suis sûr que l'indépendance va gagner et dépasser les 55 %", a-t-il dit en ajoutant : "Je pense que ceux qui voteront Non accepteront le résultat."
"Le moment est venu pour le Monténégro de prendre sa liberté", avait déclaré la veille à Podgorica devant une foule d'au moins 50 000 personnes le premier ministre indépendantiste, Milo Djukanovic, en clôturant la campagne.
De nombreux Monténégrins résidant en Europe occidentale ou aux États-Unis ont tenu à participer au vote historique et depuis lundi des dizaines d'avions nolisés les ont ramenés au pays.
Fin de l'ex-Yougoslavie
L'indépendance, si elle l'emporte, signifiera non seulement l'apparition sur le globe d'un nouvel État, mais aussi la fin de l'ex-Yougoslavie, dont les autres républiques - Slovénie, Croatie, Bosnie, Macédoine - se sont séparées lors des guerres des années 90 dans les Balkans.
Le Monténégro (650 000 habitants) et la Serbie, près de 15 fois plus peuplée, ont formé en 2003, sur les ruines de la Yougoslavie, une union aux liens distendus dont les institutions communes sont désormais considérées comme inefficaces.
Le Monténégro dispose déjà d'une autonomie pratiquement totale, avec un gouvernement, un Parlement, une monnaie (l'euro) et un système douanier qui lui sont propres.
L'argument des indépendantistes a consisté à démontrer qu'en restant dans l'union avec la Serbie, le Monténégro partageait, contre son gré, des problèmes qui ne le concernent pas et qui en plus ralentissent sa progression.
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