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date : 2006/05/19 titre : Le Monténégro dans l'attente d'une bataille acharnée au référendum auteur : André Birukoff, AFP source : Cyberpresse
Le Monténégro dans l'attente d'une bataille acharnée au référendum
Le Monténégro était vendredi dans l'attente d'une bataille acharnée entre indépendantistes et partisans du maintien de l'union avec la Serbie à deux jours d'un référendum décisif pour son avenir.
Les derniers sondages ont crédité les indépendantistes, conduits par les dirigeants monténégrins, d'un peu plus de 56 % des voix.
Mais les partisans de l'union avec la Serbie restaient confiants misant sur la difficulté pour leurs adversaires de dépasser, pour que leur victoire soit validée, un seuil de 55 % des votants, fixé par l'Union européenne (UE), la participation devant être supérieure à 50 %.
La division du Monténégro en deux blocs antagonistes a fait craindre des troubles à l'issue du vote de dimanche.
Mais le président pro-indépendantiste, Filip Vujanovic a estimé cette crainte infondée alors que pour éviter les contestations plus de 3000 observateurs étrangers et locaux surveilleront le vote des quelque 485 000 électeurs monténégrins.
«Il n'y a pas à s'attendre à des menaces contre la sécurité», a dit M. Vujanovic vendredi lors d'une conférence de presse. «Le Monténégro est un pays mûr du point de vue démocratique. Le résultat du référendum quel qu'il soit sera accepté», a-t-il ajouté.
Mais dans le cas d'un vote indépendantiste légèrement inférieur au 55% requis par l'UE, les dirigeants monténégrins pourraient considérer que le choix en faveur de l'indépendance demeure indiscutable.
«Il n'y aura pas de déclaration unilatérale d'indépendance», a toutefois souligné M. Vujanovic.
«Je suis sûr que l'indépendance va gagner et dépasser les 55 %», a-t-il dit en ajoutant : «je pense que ceux qui voteront «non» accepteront le résultat».
«Le moment est venu pour le Monténégro de prendre sa liberté», avait déclaré la veille à Podgorica devant une foule d'au moins 50.000 personnes, le premier ministre indépendantiste, Milo Djukanovic, en clôturant la campagne.
De nombreux Monténégrins résidant en Europe occidentale ou aux États-Unis ont tenu à participer au vote historique et depuis lundi dernier des dizaines de charters les ont ramenés au pays.
L'indépendance, si elle l'emporte, signifiera non seulement l'apparition sur le globe d'un nouvel État mais aussi la fin de l'ex-Yougoslavie dont les autres républiques --Slovénie, Croatie, Bosnie, Macédoine-- se sont séparées lors des guerres des années 90 dans les Balkans.
Le Monténégro (650 000 habitants) et la Serbie, près de 15 fois plus peuplée, ont formé en 2003, sur les ruines de la Yougoslavie, une union aux liens distendus dont les institutions communes sont désormais considérées comme inefficaces.
Le Monténégro dispose déjà d'une autonomie pratiquement totale, avec un gouvernement, un parlement, une monnaie (l'euro) et un système douanier qui lui sont propres.
L'argument des indépendantistes qui a vraisemblablement eu le plus d'impact a consisté à démontrer qu'en restant dans l'union avec la Serbie le Monténégro partageait, contre son gré, des problèmes qui ne le concernent pas et qui en plus ralentissent sa progression vers l'Europe.
La récente décision de l'UE de suspendre ses négociations de rapprochement avec la Serbe-Monténégro pour sanctionner l'incapacité de Belgrade à arrêter le général Ratko Mladic, inculpé par le TPI de crimes de guerre et génocide, est venue confirmer cette idée.
Mais pour Belgrade la volonté indépendantiste d'un voisin qui a la même langue, la même religion et les mêmes traditions, a pris l'allure d'une trahison.
Appuyés par l'Église orthodoxe serbe, Belgrade a soutenu les «unionistes» et averti que les Monténégrins seraient traités en étrangers s'ils choisissaient l'indépendance.
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