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date : 2005/11/05 titre : Les Québécois sont favorables à l'étiquetage obligatoire auteur : Fabien Deglise source : Le Devoir
Les Québécois sont favorables à l'étiquetage obligatoire
Avec ou sans l'accord des autres provinces canadiennes, les Québécois n'en démordent pas: ils souhaitent dans une très large majorité que le gouvernement Charest légifère sur l'étiquetage obligatoire des aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), tel que promis en campagne électorale, révèle un sondage Léger Marketing dont les résultats sont rendus publics aujourd'hui.
Le coup de sonde est sans équivoque: 76 % des 1000 Québécois interrogés entre les 13 et 17 octobre derniers estiment en effet que Québec devrait mettre en place un étiquetage obligatoire des OGM, à l'instar de l'Europe, et ce, même si les autres provinces et le gouvernement fédéral refusent de se plier à cette demande.
Rappelons qu'au Canada, l'étiquetage des transgènes dans l'alimentation repose aujourd'hui sur une base volontaire et n'est pas justifiée, selon un règlement fédéral, lorsqu'un produit contient 5 % et moins d'OGM. Par comparaison, le modèle européen dont rêvent les Québécois, tout en obligeant les fabricants à indiquer la présence d'OGM, le fait avec un seuil de tolérance de 0,9 %.
L'adoption d'une telle loi au Québec rallie donc les personnes sondées (avec une marge d'erreur de 3,4 %, 19 fois sur 20) par Léger Marketing pour le compte de Greenpeace. D'ailleurs, les 35-44 ans et les 45-54 ans espèrent à 85 % voir le gouvernement Charest faire cavalier seul sur la question de l'étiquetage obligatoire.
« C'est un désaveu net de la position dans laquelle se cantonne le ministre de l'Agriculture du Québec, François Gauthier, qui veut l'accord des provinces canadiennes avant d'aller de l'avant », a commenté hier Éric Darier, de Greenpeace.
Fort des résultats de ce sondage, les adeptes de la « paix verte » comptent intensifier leurs pressions sur le gouvernement au cours des prochains mois. Cette vaste campagne commence d'ailleurs dès demain avec la distribution dans plusieurs quotidiens de la province de 700 000 exemplaires d'une édition spéciale du Guide des produits avec ou sans OGM, histoire de réconforter l'opinion publique et peut-être d'éviter dans un prochain sondage le mutisme de 8 % des répondants « ne connaissant pas du tout ou pas assez les OGM pour se prononcer ».
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