date : 2007/02/01
titre : Don à la John-Molson School of Business
auteur : Patrick Sabourin

Don à la John-Molson School of Business

De : Patrick Sabourin [mailto:patrick.sabourin@elf.mcgill.ca]
Envoyé : 1 février 2007 11:54
À : 'andre.chapleau@desjardins.com'
Objet : Don à la John-Molson School of Business

Bonjour,

J’ai été fortement outré en apprenant que le Mouvement Desjardins avait accordé un don de deux millions de dollars à l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia.  La John-Molson School of Business (JMSB) a pourtant déjà obtenu un investissement de 60 millions du gouvernement provincial, sans compter les nombreux dons privés dont elle bénéficie (Famille Molson, Banque Nationale).  De manière générale, les institutions universitaires anglo-montréalaises croulent littéralement sous les dons : le fond de dotation de l’Université McGill est de TROIS à QUATRE fois supérieur à l’ensemble des fonds des universités de langue française.  Pendant ce temps, les UQ et Sherbrooke accumulent les dettes.

Tout cela sans compter que les universités anglo-montréalaises jouent un rôle prépondérant dans l’anglicisation de Montréal.  Rappelons-nous que plus de la moitié des transferts linguistiques vont vers l’anglais alors que cette proportion, selon la démographie, ne devrait pas dépasser les 10%.  De plus, en amalgamant « anglophones » et « allophones », Desjardins consacre l’idée que les allophones s’intègrent naturellement et nécessairement à la communauté anglophone.  Voilà qui fait preuve de petitesse!  Desjardins ne pourrait-il pas se rapprocher des diverses communautés culturelles au sein de l’UQAM ou de l’Université de Montréal?

À tout cela, on peut rajouter que le taux de diplomation des francophones entre 25 et 34 ans au Québec est toujours de 8 points inférieur à celui des anglophones du même âge.  Difficile de ne pas faire de lien entre ce triste constat et le surfinancement chronique des universités de langue anglaise.

Vous prétendez « favoriser l’inclusion des membres des communautés anglophone et allophone au sein de votre Mouvement ».  Or, je dirais que c’est le Mouvement qui veut s’intégrer à la communauté anglophone en finançant indûment une institution qui contribue à l’anglicisation des Montréalais.  J'y vois là un manque de vision et une trahison de la clientèle ayant traditionnellement adhéré au Mouvement Desjardins.

Patrick Sabourin,
Membre du Mouvement Desjardins et Candidat à la maîtrise, Université McGill