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date : 2006/06/12 titre : Lettre ouverte aux citoyens et citoyennes du Québec auteur : Denis Julien
Lettre ouverte aux citoyens et citoyennes du Québec
Je suis un citoyen du Québec qui habite la petite municipalité de St-Apolinaire dans le comté de Lotbinière. J'ai commencé à militer pour la cause souverainiste à l'age de 16 ans. Je suis devenu membre du Parti Québécois comme des milliers de québécois et de québécoises qui désiraient construire ici en Amérique, une société française originale et juste. Cette modeste réflexion est un véritable cri du coeur. Après toutes ces années de militance, j'en viens à la conclusion que ça ne tourne pas rond au presque pays du Québec et pour cela:
Je demande la convocation urgente des Etats Généraux sur la Souveraineté du Québec. Etats Généraux auquels participeront tous les intervenants de la société civile québécoise qui croit encore que le Québec doit accéder au rang de pays souverain. Je lance cet appel, aux partis politiques, aux artistes,aux entrepreneurs, aux syndicalistes, aux membres des mouvements sociaux à tous les québécois et québécoises qui souhaitent que le Québec devienne un pays. Il faut élargir le débat.
Il y a un large consensus au Québec actuellement contre la tenue d'un prochain référendum. Il urge de créer une large coalition de gens qui désirent le retour à une élection sur la souveraineté. Une élection où les enjeux seront claires. Je suis très inquiets de la manchette de ce matin dans le journal Le Devoir qui se lit comme suit: ''Un «bon gouvernement» avec ou sans référendum. Nous revenons à la case départ! Le Parti Québécois a donné dans le passé de bons gouvernements. Nous sommes en 2006 et le PQ doit maintenant donné un pays au peuple québécois.
La gestion de la province de Québec avec la moitié du coffre à outils nous a conduit dans un véritable cul-de-sac. Qu'allons nous faire si Jean Charest fait de la souveraineté le thème de la prochaine campagne électorale. Allons-nous pour rassurer les québécoises et les québécois, faire la dépédagogie de notre option. Allons-nous faire comme en 1976, comme en 1982 et durant toutes les campagne électorales, jouer le rôle d'éteignoir de notre propre optrion. Allons nous nous contenter de laisser les libéraux de Jean Charest dénigrer la souveraineté du Québec sans profiter de l'occasion pour en faire une promotionpositive. Allons-nous encore une fois mettre notre raison d'être sous le boisseau sous prétexte qu'un référendum suivra ou que le Bloc sera là pour nous défendre? C'est assez! Il y a des moments dans la vie où on doit avoir un mimimum de courage politique.
Il ne doit pas y avoir de troisième référendum au Québec parce que :
La population n'en veut pas. Les québécois désirent que les fonds publics servent au maintien de nos systèmes de santé et d'éducation et la mise en oeuvre de politiques environnementales efficaces.
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Parce que cela démobilise pour plus d'une décennie toute la société québécoise et ses forces vives;
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Parce que cela affaiblit le pouvoir québécois et renforcit celui du gouvernement fédéral;
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Parce que cet état de vulnérabilité donne l'occasion aux fédéraux d'accomplir de véritables coups-de-force contre le Québec.
Une élection sur la souveraineté aurait l'avantage qu'elle permettrait aux souverainistes de faire une promotion active et positive de leur option. Elle nous permettrait d'avoir un meilleur contrôle des enjeux.Elle nous permettrait de nous relever les manches après une défaite électorale et de continuer le combat. Le choc d'une défaite électorale passée: on se remet au travail et on continue.Quatre ans en politique, c'est très court.Cela nous évitera les effets dévastateurs d'un référendum perdu sur la militance et on en sait quelque chose! Cela aura aussi le mérite, de dédramatiser le débat. Cela redonnera confiance à la population du Québec qui réalisera que les souverainistes ont le courage de leurs convictions. On admire les gens qui sont prêts à se battre la visière baissée pour un idéal. Nous souverainistes, versons depuis trop longtemps dans les astuces, la langue de bois et la rectitude politique. Nous retrouveront l'estime de la population.
L'amendement Morin au programme du PQ en 1974 constitue une véritable tare, un boulet qui suit notre démarche d'accession du Québec à la pleine liberté depuis trop longtemps. Il faut se débarasser de ce karma pour utiliser un mot à la mode. Courcircuitons ceux qui désirent nous imposer leurs règles du jeu.
Ceux qui nous donneront en exemple le cas du Kosovo, nous les attendront de pieds fermes. D'abord notre système parlementaire existe depuis 1791. Ce qui en fait l'un des plus anciens d'Amérique. Nos parlementaires participent activement depuis des décennies à des rencontres internationales reconnues. Nos délégations générales oeuvrent dans de nombreux pays. Nos missions commerciales s'envolent vers l'Europe, l'Amérique du Sud et l'Asie depuis longtemps. Le cinéma québécois,la littérature québécoise, les artistes québécois sont reconnus mondialement . L'entrepreneurship québécois l'est tout autant pour ne citer que Le Cirque du Soleil, Bombardier, SNC/Lavalin. La nation québécoise existe dans les faits. Il n'y a que le Canada qui s'entête à nier la réalité. Le monde connait le Québec. Contrairement au Kosovo. le monde sait que le Québec est un état moderne, stable et où il fait bon vivre. Nous avons des institutions fortes qui font l,envie du reste de la planète. Pensons aux lois électorales du Québec. les plus progressistes en Amérique du Nord et la communauté internationale aurait de la difficulté à reconnaître un Québec souverain. Allons donc!
Il n'y a pas de déficit démocratique au Québec. Nous avons réalisé une véritable révolution avec Lesage et Lévesque dans les années 60. Nous avons chambardé la société québécoise et cela par le seul jeu démocratique des deux élections générales. Nous sommes passés en moins de 20ans, d'une société cléricale à outrance, refermée sur elle-même, à une société sécularisée, moderne et ouverte aux autres. On peut en faire autant en ce qui concerne notre statut politique. Nous disposons d'un territoire défini, d'une langue et d'une culture commune, d'une société Couragedistincte originale. L'heure est maintenant venu de nous affirmer. Il est minuit moins cinq pour l'expérience canadienne. Les blés sont murs...
Denis Julien
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